Luxation de l'épaule

Chirurgie de l'épaule

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Définition

La luxation de l'épaule correspond à la perte de contact complète entre la tête de l'humérus et la glène de l'omoplate. Dans la très grande majorité des cas, la tête part vers l'avant : on parle de luxation antérieure.

Vous venez de vous luxer l'épaule. Il est important d'être pris en charge par une équipe habituée à gérer ce genre de traumatisme, afin de diagnostiquer les lésions éventuellement associées.

En particulier, il faut être très vigilant si vous avez plus de 40 ans : toute luxation d'épaule chez quelqu'un de plus de 40 ans est une rupture de la coiffe des rotateurs jusqu'à preuve du contraire. Lorsqu'il existe une lésion tendineuse aiguë, il y a une indication de réparation de la coiffe dans la plupart des cas.

Il peut aussi s'y associer un étirement du nerf axillaire, qui innerve le muscle deltoïde et la sensibilité du moignon de l'épaule. Comme pour les lésions tendineuses, le risque d'atteinte de ce nerf augmente avec l'âge du patient.

Enfin, une luxation d'épaule peut s'accompagner d'une fracture. Ceci peut être très grave et engager le pronostic fonctionnel de l'épaule si le traitement n'est pas adapté et mis en place rapidement.

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Diagnostic

Le diagnostic de luxation est évident à la phase aiguë. Tout l'enjeu de la consultation qui suit la réduction est de rechercher les lésions associées.

Symptômes
  • Douleur intense et immédiate, avec impossibilité de mobiliser le bras
  • Déformation caractéristique de l'épaule, avec perte du galbe du deltoïde
  • Bras maintenu écarté du corps, en rotation externe, soutenu par la main opposée
  • Après réduction : douleur résiduelle, appréhension et sensation d'instabilité
  • Fourmillements ou perte de sensibilité du moignon de l'épaule en cas d'atteinte du nerf axillaire
Signes cliniques
  • Signe de l'épaulette et vacuité de la glène à la palpation avant réduction
  • Test d'appréhension antérieure, bras en abduction et rotation externe
  • Testing complet de la coiffe des rotateurs après réduction, en particulier après 40 ans
  • Examen neurologique du territoire du nerf axillaire : sensibilité du moignon de l'épaule et contraction du deltoïde
  • Recherche d'une atteinte vasculaire par la palpation des pouls distaux
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Examens complémentaires

Le bilan d'imagerie est réalisé avant et après la réduction. Il conditionne toute la suite de la prise en charge.

  • 01Radiographies avant et après réduction

    Elles confirment la luxation et son sens, puis vérifient la bonne réduction. Elles recherchent surtout une fracture associée, notamment du trochiter ou du rebord de la glène.

  • 02Scanner de l'épaule

    Demandé en cas de fracture visible ou suspectée. Il mesure précisément la perte osseuse de la glène et l'encoche de la tête humérale, éléments décisifs pour le choix thérapeutique ultérieur.

  • 03IRM ou arthroscanner

    Indispensable après 40 ans pour rechercher une rupture aiguë de la coiffe des rotateurs. Chez le sujet jeune, il précise les lésions du bourrelet glénoïdien.

  • 04Électromyogramme

    Réservé aux cas où un déficit du deltoïde ou de la sensibilité du moignon de l'épaule persiste, afin d'objectiver une atteinte du nerf axillaire.

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Traitement

Traitement médical

Après réduction, la prise en charge d'un premier épisode est le plus souvent non chirurgicale, sous réserve qu'aucune lésion associée ne l'impose.

  • Réduction en urgence, réalisée sous sédation ou anesthésie selon les cas
  • Immobilisation coude au corps pendant environ trois semaines
  • Antalgiques adaptés puis rééducation progressive une fois la douleur contrôlée
  • Kinésithérapie de renforcement des stabilisateurs et de travail proprioceptif
  • Reprise différée des sports de contact et des gestes armés
Traitement chirurgical

La chirurgie s'impose d'emblée lorsque le bilan met en évidence une lésion associée, ou se discute chez le patient jeune et sportif chez qui le risque de récidive est élevé.

  • Réparation de la coiffe des rotateurs en cas de rupture tendineuse aiguë, situation fréquente après 40 ans
  • Ostéosynthèse en cas de fracture déplacée du trochiter ou de la glène
  • Réinsertion du bourrelet glénoïdien, dite intervention de Bankart, chez le sujet jeune très exposé au risque de récidive
  • Intervention de Latarjet lorsqu'il existe une perte osseuse significative de la glène
  • Surveillance clinique en cas d'atteinte du nerf axillaire, la récupération étant le plus souvent spontanée
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Questions fréquentes

Pourquoi une vigilance particulière après 40 ans ?
Parce que toute luxation d'épaule chez quelqu'un de plus de 40 ans est une rupture de la coiffe des rotateurs jusqu'à preuve du contraire. Une imagerie tendineuse doit donc être réalisée, car une lésion aiguë relève d'une réparation dans la plupart des cas.
J'ai des fourmillements dans l'épaule depuis la luxation, est-ce grave ?
Une luxation peut s'accompagner d'un étirement du nerf axillaire, qui innerve le muscle deltoïde et la sensibilité du moignon de l'épaule. Ce risque augmente avec l'âge. La récupération est le plus souvent spontanée, mais ce signe doit être signalé en consultation afin d'être suivi.
Une luxation peut-elle casser un os ?
Oui. Une luxation d'épaule peut s'accompagner d'une fracture, qui peut être très grave et engager le pronostic fonctionnel de l'épaule si le traitement n'est pas adapté et mis en place rapidement. C'est l'une des raisons pour lesquelles le bilan radiographique est systématique.
Vais-je me reluxer ?
Le risque de récidive dépend surtout de l'âge au premier épisode et du niveau d'activité. Il est élevé chez le sujet jeune et sportif, et diminue nettement avec l'âge. Lorsque les luxations se répètent, on parle d'instabilité chronique, qui relève d'une prise en charge spécifique.
Consultation

Un examen clinique reste indispensable pour poser un diagnostic et vous proposer une prise en charge adaptée.

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