Capsulite rétractile

Chirurgie de l'épaule

01

Définition

Capsulite rétractile, algodystrophie et syndrome épaule-main : il s'agit de symptômes appartenant au même groupe de maladies.

Chaque articulation dans le corps humain est entourée d'une capsule qui la rend étanche et la protège. Il arrive que cette capsule devienne inflammatoire et s'épaississe. Elle perd alors de son élasticité et il apparaît une raideur articulaire.

Ceci peut arriver dans les suites d'une intervention, ou bien spontanément dans les suites d'un traumatisme physique ou même psychologique. Il est difficile de prévoir l'apparition d'une capsulite rétractile.

Parfois, les symptômes peuvent aussi toucher la main, qui peut être œdématiée, présenter des douleurs à type de brûlures ou même des troubles de la sensibilité à type de fourmillements. Il s'agit dans ce cas d'un syndrome épaule-main, ou algodystrophie du membre supérieur.

L'évolution de la capsulite est lente et se compte en mois, de six à vingt-quatre mois. Elle régresse le plus souvent sans laisser de séquelles, mais peut entraîner une diminution de la mobilité de l'épaule sur le long terme.

02

Diagnostic

Le diagnostic est clinique. Il repose sur l'association d'une douleur et d'une raideur qui touche les mouvements actifs comme passifs, ce qui la distingue des autres causes de douleur d'épaule.

Symptômes
  • Douleur d'installation progressive, souvent intense et nocturne lors de la première phase
  • Raideur croissante de l'épaule, avec perte des mouvements dans toutes les directions
  • Difficulté à porter la main derrière le dos, sur la nuque ou en élévation
  • Diminution progressive de la douleur au profit de la raideur au fil des mois
  • Main œdématiée, douleurs à type de brûlures ou fourmillements en cas de syndrome épaule-main
Signes cliniques
  • Limitation des amplitudes en mobilisation passive, élément clé du diagnostic
  • Perte de la rotation externe coude au corps, souvent la plus précoce et la plus marquée
  • Testing de la coiffe difficile à interpréter du fait de la raideur
  • Recherche des facteurs de risque : diabète, anxiété, dépression, contexte d'accident du travail
  • Examen de la main et du poignet à la recherche de signes d'algodystrophie associée
03

Examens complémentaires

Les examens ne font pas le diagnostic, qui reste clinique. Ils servent à écarter les autres causes de raideur douloureuse.

  • 01Radiographies standard

    Le plus souvent normales dans la capsulite. Elles éliminent une arthrose gléno-humérale, une calcification volumineuse ou une lésion osseuse.

  • 02IRM ou arthro-IRM de l'épaule

    Elle montre un épaississement de la capsule et de l'intervalle des rotateurs. Elle recherche surtout une rupture de coiffe associée qui expliquerait autrement la symptomatologie.

  • 03Bilan biologique

    Recherche notamment un diabète méconnu ou un trouble thyroïdien, deux terrains qui favorisent la survenue d'une capsulite et en allongent l'évolution.

04

Traitement

Traitement médical

Le traitement est presque toujours non chirurgical. Il vise à contrôler la douleur puis à récupérer la mobilité, en accompagnant une évolution qui reste longue.

  • Antalgiques et anti-inflammatoires adaptés à la phase douloureuse
  • Infiltrations de corticoïdes, particulièrement utiles lors de la phase inflammatoire initiale
  • Kinésithérapie douce et infradouloureuse : forcer sur une capsulite inflammatoire aggrave la raideur
  • Balnéothérapie, souvent mieux tolérée que la rééducation à sec
  • Équilibration d'un diabète associé et prise en compte du contexte psychologique
Traitement chirurgical

La chirurgie reste exceptionnelle et n'est envisagée qu'après échec d'un traitement médical bien conduit et prolongé, sur une raideur qui ne progresse plus.

  • Arthrolyse arthroscopique : libération de la capsule épaissie et de l'intervalle des rotateurs
  • Mobilisation sous anesthésie générale, parfois associée au geste arthroscopique
  • Indication posée uniquement une fois la phase inflammatoire éteinte
  • Rééducation intensive et immédiate après le geste, condition du maintien du gain obtenu
  • Décision toujours prudente : la capsulite régresse le plus souvent seule, et une chirurgie trop précoce peut relancer l'inflammation
05

Questions fréquentes

Combien de temps dure une capsulite ?
L'évolution de la capsulite est lente et se compte en mois, de six à vingt-quatre mois. Elle régresse le plus souvent sans laisser de séquelles, mais peut entraîner une diminution de la mobilité de l'épaule sur le long terme.
Pourquoi ai-je développé une capsulite ?
Il est difficile de prévoir l'apparition d'une capsulite rétractile. Elle peut survenir dans les suites d'une intervention, ou spontanément après un traumatisme physique ou même psychologique. Certains facteurs de risque, comme le diabète, l'anxiété, la dépression ou une situation d'accident du travail, semblent favoriser son apparition.
Pourquoi ma main est-elle gonflée et douloureuse aussi ?
Les symptômes peuvent aussi toucher la main, qui peut être œdématiée, présenter des douleurs à type de brûlures ou des troubles de la sensibilité. Il s'agit alors d'un syndrome épaule-main, ou algodystrophie du membre supérieur, qui appartient au même groupe de maladies.
Faut-il forcer en rééducation ?
Non. Pendant la phase inflammatoire, une rééducation trop appuyée entretient la douleur et aggrave la raideur. Le travail doit rester doux et rester en deçà du seuil douloureux. Le renforcement et la récupération d'amplitude viennent dans un second temps.
Consultation

Un examen clinique reste indispensable pour poser un diagnostic et vous proposer une prise en charge adaptée.

Prendre rendez-vous02 18 81 01 11